Laurent Campellone, tourangeau de coeur

18/01/2021

© Guillaume Le Baube

Entretien avec Laurent Campellone

 

Par Emilie Mendonça

 

Tombé amoureux de la Touraine il y a bientôt trente ans, le nouveau directeur général de l’Opéra de Tours a pris ses fonctions en septembre. Entre gestion des équipes et pandémie mondiale, il a pris avec plaisir la barre de cette grande maison, dont il entend faire le fer de lance de la musique française.

 

 

  • Après ces premiers mois à Tours, quel regard portez-vous sur la ville ?

 

C’est une belle ville, avec bien sûr le Vieux Tours, la cathédrale… Mais j’ai aussi découvert le plaisir de courir au bord de la Loire, lorsque le soleil se lève et la faune s’éveille, c’est un moment incroyable. Et pour moi il y a deux institutions fondamentales pour savoir si je vais être heureux dans une ville : les librairies et les chocolateries, et ici les deux offres sont formidables !

  • Vous avez exploré la région ?

 

J’y viens très souvent depuis 1994. La Touraine est pleine de souvenirs chers à mon coeur, de vacances, d’escapades amoureuses, d’amitiés, tout ce qu’il y a de plus beau dans ma vie. J’y viens désormais pour travailler avec plaisir, mais ce nouveau rythme contraste avec ce bonheur insouciant que j’associais à la région.

 

  • Cette arrivée à l’Opéra s’est-elle bien passée ?

 

J’y ai rencontré des équipes de grande qualité, très attachées à ce théâtre, désireuses de se sortir par le haut de la récente crise interne. Leur motivation m’aide à jouer mon rôle de directeur, que j’ai accepté après mûre réflexion : je souhaitais être sûr de pouvoir aider cette grande maison qu’est Tours.

 

  • Vous proposez une nouvelle saison avec des chefs d’orchestre invités, et aucun « grand classique » de l’opéra…

 

Il y en aura en 2022, mais je souhaitais d’abord donner un signal de changement, avec une saison vibrante et innovante comportant des oeuvres jamais données à Tours. Et l’orchestre symphonique étant excellent, il mérite d’être mis dans les mains des meilleurs chefs, dont la venue est un événement pour le public. Nous accueillerons plusieurs générations, styles et personnalités, comme le grand Jean-Claude Casadesus, le défricheur de styles Marc Minkowski, ou la jeune chef vénézuélienne au parcours incroyable, Glass Marcano, qui incarne un vrai changement, au-delà du monde de la musique.

 

  • Poursuivrez-vous la politique d’ouverture initiée par Benjamin Pionnier ?

 

C’est un devoir de faire fructifier les arbres qui ont été plantés ! Je ne suis que de passage dans une maison qui a son identité, donc je vais prolonger les projets formidables en cours, et apporter des nouveautés comme le partenariat avec la Comédie-Française, dans l’idée de faire de Tours une référence de la musique française.