Entretien avec Cathy Münsch-Masset – adjointe au Maire

19/01/2021

© Ville de Tours

 

 

 

Répondre à l’urgence sanitaire, réduire les inégalités, élaborer un nouveau plan « Tours solidaire »..., tels sont quelques-uns des enjeux que doit relever Cathy Münsch-Masset, adjointe déléguée aux solidarités, à l’égalité, à la cohésion sociale, à la santé publique et aux handicaps.

 

 

Ci-contre : Cathy Münsch-Masset en visite à l'EHPAD des Varennes

  • La crise sanitaire a aggravé les inégalités. Comment luttez-vous contre cette précarité grandissante ?
    Dignité, égalité et solidarité sont les piliers de notre engagement et de nos actes. Par dignité, on entend la possibilité de satisfaire ses besoins élémentaires, c’est-à-dire manger, se loger et se soigner. Au niveau de l’aide alimentaire, nous travaillons avec les acteurs associatifs (Croix Rouge, Banque Alimentaire, Restos du Cœur...) pour adapter leurs actions aux besoins du territoire. C’est le cas par exemple avec l’épicerie sociale itinérante. En ce qui concerne le logement, l’enjeu repose sur l’accompagnement que nous pouvons apporter aux personnes qui se trouvent en hébergement d’urgence pour qu’elles accèdent à des logements pérennes. Nous réfléchissons à des pensions de famille qui pourraient être des solutions intermédiaires. Dans le cadre du dispositif « Ville amie des aînés », nous souhaitons promouvoir de nouvelles formes d’habitat intergénérationnel, comme c’est déjà le cas à la résidence autonomie Schweitzer.

 

  • Au-delà de l’alimentation et du logement, se pose aussi la question de l’accès aux soins. Quelles actions menez-vous dans ce domaine ?
    En effet, l’accès à la médecine de ville doit être garanti pour tous les habitants. Cela signifie d’une part, accompagner les médecins libéraux qui souhaitent travailler dans des cabinets pluridisciplinaires. D’autre part, nous allons créer un centre municipal de santé aux Rives du Cher, avec des médecins salariés et des professionnels de santé libéraux. Nous devons également garantir à tous l’accès au dépistage et à la prévention.

 

  • Comment comptez-vous lutter contre les discriminations ?
    Notre ambition, c’est de promouvoir une égalité réelle entre les femmes et les hommes, les personnes handicapées, les plus démunis, les seniors, les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT). Nous souhaitons également renforcer la visibilité des femmes dans l’espace public avec des nouveaux noms de rues, de places ou de bâtiments publics. En concertation avec les associations féministes, nous allons engager une consultation qui inclura une participation citoyenne. Nous souhaitons aussi accompagner le dispositif « Angela » : un nom de code qui permet de mettre à l’abri les femmes et les personnes LGBT dans les restaurants et les bars. À travers toutes nos politiques, nous avons l’ambition d’agir pour l’égalité, que ce soit dans le cadre de l’éducation, de la culture, du sport ou de la citoyenneté. Par exemple, l’octroi de subventions pourrait être subordonné à des actions pour promouvoir une ville inclusive.

 

  • Qu’entendez-vous par « ville inclusive » ?
    Cela signifie que tous les citoyens doivent pouvoir accéder sans restrictions aux espaces urbains et aux services. La mairie doit être exemplaire pour amorcer des démarches innovantes, aussi bien au niveau de ses agents que dans ses politiques urbaines.

 

  • Les Tourangelles et Tourangeaux peuvent éprouver un sentiment d’oubli, ou une certaine défiance vis-à-vis des élus et des actions municipales. Que leur proposez-vous ?
    Nous souhaitons associer les habitants à la vie de notre cité et impliquer les associations dans les grands projets de rénovation urbaine. La Ville bénéficie d’un tissu associatif très riche et porteur d’innovations sociales. Dans la période d’incertitude que nous vivons, nous devons inventer de nouvelles solutions et mobiliser plus fortement cette intelligence collective.

 

  • Quelles actions envisagez-vous en faveur des chômeurs de longue durée ?
    En janvier, nous allons porter la candidature de la Ville pour faire partie du dispositif expérimental « Territoire zéro chômeur » mis en place par l’association ADT Quart Monde. L’idée est de créer une Entreprise à But d’Emploi (EBE) sur le secteur Sanitas-Velpeau. Financée par les minima sociaux, cette entreprise embauchera en CDI des personnes en grande précarité et des chômeurs de longue durée. Elle pourra s’inscrire dans les domaines de l’agriculture urbaine, ou du réemploi des matériaux par exemple.

 

  • Comment venir en aide aux personnes exclues, sans ressources ni logement ?
    Nous travaillons sur la création d’une maison de l’hospitalité : un lieu de premier accueil en lien avec les associations caritatives. Mais surtout, ce sera un lieu de chaleur humaine, ouvert à la population, aussi bien aux réfugiés, qu’aux sans domicile fixe ou aux personnes isolées, avec un objectif de mixité sociale. À travers notre projet municipal, c’est aussi l’expression de la fraternité qui guide chacune de nos actions.

PLAN TOURS SOLIDAIRE :

un numéro unique et un réseau d’entraide

 

Géré par le centre communal d’action sociale (CCAS), le numéro vert et gratuit (0 801 907 800) facilite la mise en relation entre des personnes qui ont envie d’aider et celles qui ont besoin de soutien. Au bout du fil, Fanny Dupin-Godart, agent du CCAS, recueille les propositions d’aides (faire des courses, effectuer une démarche administrative, chercher un colis, promener un animal...) et les demandes de soutien. Elle se charge ensuite de les mettre en relation, de façon simple et agile. Elle est aussi en mesure de répondre aux demandes d’informations sur l’action sociale de la commune et sur les activités des associations de solidarité.

Au-delà de la gestion de crise, ce numéro vert amorce une réflexion autour d’une plateforme numérique « Voisins solidaires » qui a vocation à perdurer. Ce dispositif pourra être utilisé progressivement par les centres sociaux pour favoriser les solidarités dans les quartiers. Avec en filigrane, la lutte contre l’exclusion et l’isolement.

 

Le numéro 0 801 907 800 est accessible du lundi au vendredi de 8 h 30 à 12 h 30 et de 14 h à 17 h. En dehors de ces horaires, un formulaire est disponible sur le site www.ccas-tours.fr.