Saint-Symphorien : un nouveau quartier imaginé avec les habitants

16/02/2021

L’ancien site industriel de Gelco Design, avenue Gustave Eiffel, sera transformé par Bouygues Immobilier en un nouveau quartier mixte.

 

La Ville de Tours a souhaité associer la population lors d’ateliers de co-construction pour imaginer des usages partagés sur les futurs espaces publics et définir les activités qui pourraient émerger.

Le centre commercial de la Petite Arche en 1969 et la zone industrielle naissante. Le site concerné est indiqué en rouge © Archives municipales de Tours

Extrait d’une vue aérienne de Tours nord en 1999. Le site concerné est indiqué en rouge. © Archives municipales de Tours-La Nouvelle République

Le Plan Local d’Urbanisme de Tours, validé en janvier 2020, a ouvert ce secteur économique appelé « Luxembourg-Sapaillé »,  à une « mixité fonctionnelle ». Le site du projet (5,2 ha) est délimité du nord au sud par la rue Pierre et Marie Curie et la rue de Luxembourg. Il présente également une façade est sur le centre commercial de la petite Arche, avenue Gustave Eiffel et se situe à la croisée de deux quartiers d’habitat pavillonnaire et collectif. Le permis d’aménager du promoteur Bouygues Immobilier propose un projet d’ensemble sur les anciens bureaux et entrepôts site de Gelco Design, entreprise spécialisée dans le stockage et la logistique de matériel de salle de bains. Elle a déménagé ses bureaux ainsi que son espace de démonstration avenue du Danemark ; son entrepôt logistique en Bourgogne.

©-Bouygues-Immobilier

Le nouveau quartier sera composé d’espaces publics généreux qui favoriseront les circulations douces et les aménagements paysagers. Près de 11 000 m² seront rétrocédés à la Métropole. L’aménagement du site répond aussi aux enjeux du territoire : désimperméabilisation des sols, gestion des eaux exemplaires et label biodiversité avec réemploi de matériaux sur place. Dans ce futur quartier, le promoteur Bouygues Immobilier aménagera environ 500 logements (sociaux, accession libre, étudiants, individuels…), de l’activité économique et des services de proximité qui créeront de nouveaux usages partagés.

 

C’est dans ce contexte que la municipalité a souhaité ouvrir une démarche de co-construction pour définir collectivement les besoins de ce futur quartier. « C’est l’un des premiers projets qui nous a été présenté après l’installation de la nouvelle municipalité, raconte Cathy Savourey, adjointe au Maire déléguée à l’urbanisme et aux grands projets urbains. Nous l’avons étudié à l’aune de notre vision de l’aménagement de la ville qui se décline en quatre axes : la ville des courts chemins ; la ville qui respire ou la ville-santé ; la ville économe ; la ville aimable et hospitalière. Nous avons engagé des discussions avec le promoteur, ce projet nous avons convenu ensemble que nous pouvions encore le faire évoluer et c’est pour cela que nous avons mis en place ces ateliers de co-constructions. »

 

Cet appel à la participation de la population en matière d’urbanisme est une première initiative qui en appellera d’autres au cours du mandat. Cinq ateliers sont ainsi prévus de février à mai (le premier s’est déroulé vendredi 12 février). Un panel représentatif des différents acteurs locaux va s’investir tout au long cette démarche. Les prochains ateliers se dérouleront directement sur le site ou en visioconférence si la situation sanitaire l’exige. Des groupes de travail thématiques sont constitués selon plusieurs thématiques comme les espaces à vocation économique (quelles activités et quels locaux adaptés ? Doit-on conserver une partie des ateliers ? pour quels types d’activités ?), les aménagements paysagers (que voulez-vous dans ces jardins ?), les espaces communs (lesquels et pour quoi faire ?).

 

Pour Annaelle Schaller, adjointe au Maire déléguée à la démocratie permanente : « On ne fera pas la ville de demain sans les habitants. Il y a eu plusieurs décennies d’urbanisation à Tours nord et autant de grogne des habitants qui se plaignent de ne pas avoir été consultés ou qu’il manque des espaces paysagers dans les projets. Nous souhaitons faire appel à l’expertise d’usage de ceux qui habitent ici. Vous pourrez agir sur le devenir de ce quartier, vous allez monter en compétences et vous enrichir personnellement. »

 

Certains éléments du programme sont d’ores et déjà validés (le projet a été lancé sous l’ancienne municipalité, il ne s’agit pas de lui faire prendre du retard) mais il reste des marges de manœuvre. Cathy Savourey cite l’exemple de la « pièce en plus ». « Dans ce contexte de pandémie et de télétravail, on peut s’interroger sur son utilité. En fond de parcelle sur les terrains où seront aménagées des maisons, pourquoi ne pas imaginer cette pièce supplémentaire qui peut servir à s’isoler pour le télétravail, à aménager un studio pour un étudiant qui peut rester près de ses parents tout en gardant son indépendance, pour des grands-parents en perte temporaire d’autonomie, pour le bureau d’un autoentrepreneur ou l’atelier d’un artisan tous deux séparés de la maison… »

Autre exemple : « Le projet prévoit une résidence étudiante et un habitat intergénérationnel. Comment faire pour que ces différentes générations se rencontrent ? Pour que les étudiants fassent du babysitting dans le quartier pour les familles qui y résideront ? Ou pour qu’ils puissent accompagner les séniors ? Nous avons besoin de vous pour y réfléchir. »

Des étudiantes du lycée Choiseul, des riverains de la rue de Sapaillé, le directeur du centre commercial Auchan, un ancien du Conseil Municipal des Jeunes, des représentants de Conseil de quartier et de Comité de quartier de Tours Nord, des entreprises de Tours Nord, de la Jeune Chambre Économique, d’associations (LPO, SEPANT), de la société ADOMA chargée de construire et de gérer des habitats à vocation sociale dans ce programme immobilier, le promoteur Bouygues Immobilier, des élus municipaux…

 

Ils étaient une trentaine vendredi 12 février à participer au premier atelier. Une poignée d’entre eux résident à Tours nord depuis plus de vingt ans, certains y ont emménagé il y a quelques années, d’autres le fréquentent tous les jours pendant les heures de bureau. Tous ont répondu à l’appel de la municipalité. Leurs travaux feront l’objet d’une synthèse qui permettra d’amender le projet. Les premières constructions sont attendues pour 2023.

Photos - © Ville de Tours - Kamel Ayeb