Entretien avec Lina Ghotmeh, architecte du CCNT

08/07/2019

Projet CCNT - © Ville de Tours - V. Liorit

Au cœur du nouveau quartier des casernes Beaumont-Chauveau, Tours va se doter d’un Centre Chorégraphique National à la hauteur des ambitions de son directeur Thomas Lebrun.

 

Imaginée par la jeune architecte franco-libanaise Lina Ghotmeh déjà reconnue et récompensée pour de nombreuses réalisations (dont le Musée National Estonien, la Tour Masséna à Paris, le restaurant du Palais de Tokyo…), ce nouvel outil fera rayonner la ville à travers la danse à l’horizon 2022.

  • Vous travaillez selon une démarche que vous appelez « l’archéologie du futur ». Quel est ce concept ?

Avant de commencer un projet, nous faisons des recherches approfondies autour des lieux, afin de faire émerger des architectures originales qui sollicitent notre mémoire et donnent une appartenance au bâtiment.

 

  • Comment cristalliser l’histoire de Tours à travers ce bâtiment qui s’implante dans un quartier en plein renouveau ?

J’ai imaginé un projet qui se rapporte à l’histoire du lieu : une ancienne caserne. J’ai voulu créer un bâtiment qui danse, ouvert sur la ville. A l’image de la chorégraphie de Thomas Lebrun, ce bâtiment est capable de surprendre, d’ouvrir la danse vers le parvis et le parc. La danse donne à voir, elle devient une porte ouverte sur le parvis. C’est cette invitation que le bâtiment veut montrer, avec un rideau qui s’articule sur la façade.

 

  • Comment avez-vous appréhendé la ville ?

La Ville de Tours m’a passionnée, car c’est une ville qui a une longue histoire et qui en même temps est portée par ses ambitions. Aujourd’hui, construire un centre chorégraphique, c’est une initiative très rare en France. Le CCNT est un lieu culturel où les gens se rencontrent, se croisent. C’est cette symbolique-là que je voulais mettre en avant dans ce projet, avec cette grande ouverture vers la ville.

 

  • Quels sont les éléments identitaires de Tours qui vous ont inspirée ?

La texture des murs de l’accueil s’inspire des maisons à colombages de la place Plumereau. C’est une façon pour moi de projeter le passé vers l’avenir, de le moderniser. La Loire mouvante m’a aussi inspirée, avec un léger mouvement, une ondulation sur la façade qui fait écho au circuit de l’eau. Nous allons travailler sur les textures, en nous efforçant de valoriser les savoir-faire locaux. J’ai essayé de retranscrire toute cette histoire dans une dynamique architecturale et urbaine.

Projet CCNT

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