Entretien avec Bénabar

20/09/2019

Point d’orgue de l’année Balzac, Bénabar présentera le 19 octobre, au Grand Théâtre de Tours, une création exclusive : une lecture à deux voix avec Frédéric Bouraly (qui joue José dans « Scènes de Ménage »).

 

Une adaptation inédite autour du personnage de Vautrin dans une représentation unique : c’est LA soirée à ne pas manquer !

Entretien avec Bénabar

 

  • Comment est née cette idée de créer une « Carte Blanche » ?

C’est une invitation de la Ville de Tours. J’avais dit dans plusieurs interviews que j’étais un lecteur acharné de Balzac. À l’occasion de son 220e anniversaire, Christophe Bouchet, le Maire de Tours  et son équipe m’ont contacté. On a déjeuné ensemble et ce projet est né de façon très simple : de l’envie commune de grands admirateurs de Balzac.

 

  • Dans vos chansons, vous racontez des histoires, avec une description précise de la vie quotidienne et une légèreté qui combine humour et observation sociale. Balzac influence-t-il votre sens de la narration ?

Il m’a beaucoup influencé en effet, c’est une grande référence pour moi. D’ailleurs, le titre de mon premier album était « La P’tite Monnaie », en référence à une expression de Balzac dans Le Cousin Pons.

 

  • Vous avez dit récemment : « Sur une île déserte, j’emporterais « Les illusions perdues » de Balzac »… D’où vient cette admiration ? Avez-vous lu ses livres à l’école ?

Non, je n’étais pas lecteur quand j’étais petit. C’est venu beaucoup plus tardivement, vers la vingtaine. Je pense qu’avant, on ne comprend pas tout. En tout cas, moi je n’étais pas assez mûr pour comprendre toutes les finesses du récit. Et puis je n’ai pas encore tout lu, j’y vais mollo : lire la Comédie humaine en entier, c’est ma traversée de l’Atlantique à moi !

 

  • À qui s’adresse le spectacle : aux amoureux de Balzac ou aux fans de Bénabar ?

Aux amoureux de Balzac ! Le spectacle va reposer sur le personnage de Vautrin, une lecture à deux voix sous forme de dialogue. Mon objectif est de partager mon amour de Balzac. Ça me passionne de rentrer dans la peau de Vautrin, ce personnage romanesque vraiment sublime, assez méconnu, étonnant ! Il est considéré comme la colonne vertébrale de la Comédie humaine.

 

  • Vous allez jouer au Grand Théâtre, face à la pension où Balzac a appris à lire et écrire…

C’est génial, ça m’enchante ! J’espère que le texte sera à la hauteur… il y a 90 % de Balzac dans le texte. Tout mon travail a été d’assembler des phrases de-ci de-là. Depuis plus de six mois, c’est un travail énorme qui me passionne !

 

  • Comme Balzac, travaillez-vous beaucoup, avec une cafetière à portée de main ?

Oui ! Mais je travaille moins que lui… Moi qui me considérais comme un gros bosseur, je m’aperçois que j’ai encore des progrès à faire.