Le 77e anniversaire de la libération de Tours

07/09/2021

La commémoration de la Libération de Tours (1er septembre 1944) s’est déroulée mercredi 1er septembre dernier.

 

Dans le péristyle de l’Hôtel de Ville, les représentants syndicaux du personnel municipal et le Maire de Tours ont chacun déposé une gerbe de fleurs devant la plaque en hommage aux agents communaux morts pour la France.

 

La seconde partie de la commémoration s’est déroulée dans le Jardin du Souvenir, place Anatole France. Les autorités civiles et militaires ont procédé à un dépôt de gerbes de fleurs : le Général Eric Breuille, Président de l’Union Départementale des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (UDACVG) et Jean-Louis Cerceau, Président de la Fédération Nationale des Anciens Combattants (FNACA 37) ; le Général de division Philippe César Baldi, Commandant d’Armes de la place de Tours accompagné du Colonel Vital Duchesne, Commandant de la Base aérienne 705 ; Olivier Lebreton, Vice-Président du Conseil départemental ; Jean-Patrick Gille, Vice-Président du Conseil régional ; Isabelle Raimond-Pavero, Sénatrice d’Indre-et-Loire ; Serge Babary, Sénateur d’Indre-et-Loire ; Philippe Chalumeau et Sabine Thillaye, députés d’Indre-et-Loire ; Emmanuel Denis, Maire de Tours ; Marie Lajus, Préfète d’Indre-et-Loire. Saluant la mémoire de celles et ceux qui sont tombés pendant la guerre, Emmanuel Denis avait conclu son discours par ces mots : « En ce jour, l’insupportable vacarme des armes a laissé place à l’ordre solennel du cérémonial. Celui-ci ne saurait être silencieux, tant l’Histoire qui irrigue la mémoire collective doit continuer à être transmise, enseignée, partagée à nos contemporains. Ce devoir de mémoire participe au creuset de notre présent et reste sans doute, à l’échelon local, la meilleure façon de livrer témoignage et de nous incliner devant celles et ceux qui, animés par un idéal commun de liberté, d’égalité et de fraternité, ont rendu notre cité à elle-même. »

Il y a 77 ans, il en aura fallu de la patience aux Tourangelles et aux Tourangeaux pour assister à la libération de leur ville. Débarqués en Normandie le 6 juin 1944, les troupes alliées ont un objectif : se rendre rapidement vers la frontière allemande. L’état de siège est proclamé le 12 août et la population craint des exactions de l’armée d’occupation. Une colonne de GI’s atteint Langeais le 13 août puis Vouvray 3 jours plus tard. La libération de Saint-Symphorien, le 24 août, est fêtée comme il se doit. Mais la liesse est de courte durée. Un charnier est découvert deux jours plus tard. 26 résistants ont été abattus après avoir été torturés. Les actes de résistance destinés à ralentir le repli allemand génèrent une extrême tension, qui se traduit par le massacre du village de Maillé, le 25 août (124 habitants tués).

 

Les Allemands couvrent leur retraite en entravant les voies de circulation et en détruisant leurs installations au camp d’aviation de Parçay-Meslay. Les ponts de Tours sont dynamités pour ralentir les alliés : celui de la Motte le 12 août, les ponts Wilson, Napoléon et de Saint-Symphorien le 22 août. L’explosion des ponts du Sanitas et de la Vendée, dans la nuit du 31 août au 1er septembre signale la fuite définitive des Allemands. Les Tourangeaux se réveillent au petit matin du 1er septembre dans une cité libérée après 1 533 jours d’occupation. À 5h du matin, Jean Meunier, président du Comité départemental de libération se rend à l’Hôtel de Ville où René Guerrier lui remet la charge de Maire.

 

Le 7 mai 1949, le Président de la République, remettra à la Ville de Tours la Croix de Guerre de 1939-1945. La distinction rend hommage à son attitude héroïque : « Durant les opérations de juin 1940, hébergeant d’innombrables colonnes de réfugiés (…) a subi des bombardements d’artillerie et un incendie qui supprimèrent une grande partie du patrimoine artistique et culturel de la cité (…) par ses fusillés, ses otages et ses déportés a payé à la résistance un lourd tribut (…) supportant avec stoïcisme les sévères bombardements aériens de 1943 et 1944. » Ce même jour, Vincent Auriol pose la première pierre de la reconstruction de la ville, sinistrée à 52 %.

 

>> A voir quelques films collectés par le Dr Jean Chauvin sur Tours pendant la guerre (les destructions suite aux bombardements, la libération…) - sur Ciclic

Durée : 37mn40s.

Collection des Archives départementales d’Indre-et-Loire

© Ville de Tours - F. Lafit